LES CHEVAUX ALEZANS


 

C’est le plein été dans l’hémisphère sud, à Brazzaville. Notre maison s’ouvre largement sur un jardin fleuri, elle est spacieuse, irréelle. Dans l’enclos galopent Zacouma et Linzolo (Linezolo), deux chevaux alezans. Rex court après les cabris et les poules.



Les jours s’enchaînent. Nous menons une vie familiale à peu près normale : repas sur le gazon, après-midi au bord de l’eau, soirée dans les étoiles. Le soir, nous nous couchons sans fermer ni portes ni fenêtres. Cette absence de clés, de grilles, de gardiens contribue au sentiment d’irréalité qui ne me quitte pas. Ca n’est pas ma vie, c’est une parenthèse, un sursis précieux de dix ou onze ans.