ENTRE LES BARGES

 

Le jour est levé, Thierry et moi nous réveillons vers huit heures. Les congolais sont stupéfaits de voir deux blancs dormir au creux d’un arbre.

« Thierry, on va à l’ATC. »

Nous empruntons l’artère principale où les voitures roulent pare-chocs contre pare-chocs. L’ATC (Agence Trans-congolaise de Communication) est le nom donné au port autonome de Brazzaville. Nous nous rendons sur notre lieu de pêche favori, entre les barges.

Thierry, moins timide que moi, va demander à Mesmin, le nécessaire pour pêcher. Mesmin est un vieux bonhomme sans âge que nous avons l’habitude de voir ici. Il nous prépare deux palangrottes.

Je suis heureux. Nous avons passé la première nuit dehors, sans trop de difficultés. Maintenant nous allons pouvoir trouver de la nourriture.

Cela fait quatre heures que nous pêchons. Je dis à Thierry :

« On va attacher la moitié des poissons pêchés, pour les vendre, comme font les africains, sur le bord de la route ».

Nous avons de la chance, Ils se ruent sur nos poissons. Nous en demandons deux mille francs CFA (6,10 € environ). Le premier arrivé sur les lieux, achète nos poissons sans hésiter. Il part en rigolant. Sa plus belle prise est d’avoir acheté des poissons du fleuve Congo à deux blancs, sur le bord de la route.

Il est quatre heures de l’après-midi. Nous avons deux mille francs dans la poche et deux ou trois poignées de poissons. Nous allons dans un commerce congolais, SCORE. Nous achetons, une poêle, du sel, de l’huile de palme et deux bouteilles de Babor (Jus d’orange congolais).

De retour à l’ATC, Thierry allume un feu. Nous cuisons nos poissons dans l’huile. Nous mangeons à notre faim.

Nous allons vivre comme ça pendant dix mois.